Une des choses que mes enfants et moi aimons particulièrement du fait de ne plus être en Alberta, c'est qu'on a retrouvé un hiver qui nous semble normal. Lire: y a de la neige. En Alberta, la neige pouvait tomber pendant 48 heures et ne laisser que quelques centimètres, et la semaine d'après on retournait à la bouette, avant de retourner au froid arctique. C'était... laid. Et le vent polaire, celui qui fait pleurer et qui fait geler les larmes sur les joues (bonjours les engelures), personne ne s'en ennuie. Oui oui, ici aussi la neige a fondu et on a revu le gazon, mais ensuite il a été recouvert, et la neige s'accumule comme il se doit (pour nous nés Québécois). Et les trottoirs sont déneigés par la ville (au lieu d'être laissés au bon vouloir de chaque occupant résidentiel -- drôle mais les foyers avec deux pick-ups jackés ne voyaient pas le besoin de dégager plus que leur chemin de la porte à la portière, et encore) et les rues déneigées, la neige enlevée (en Alberta, tu t'arrangeras, on déglace pas et ça fait des ornières de glace dure; et personne a de pneus d'hiver, ben non, on jure par les pneus toutes conditions, c'est-à-dire jamais vraiment adéquats: bonjour les accidents [et les très nombreuses sorties de route; routes qui sont hyper droites, pourtant...]).
Et le plus grand de tous mes bonheurs liés à la neige? C'est pas lié à un sport ni rien. C'est sensoriel et environnemental. Ici, j'entends et je vois pelleter... et j'entends et je vois des souffleuses. Ça prend cinq minutes, et le voisin range sa machine, et fini le bruit. En Alberta... oh boy. Dans mon ancien quartier, 90% des gens déneigeaient leur(s) véhicule(s), leur entrée (de gros garage) et, quand ils le faisaient (les trois quarts, je dirais)_, leur trottoir... à la souffleuse à feuilles. C'est extrêmement bruyant, c'est très long, ça pue le yabe, et c'est hyper polluant (les souffleuses aussi peut-être, mais pour une fraction de la durée). Et ils les sortent pour tout: sable, poussière, feuilles, neige... tout le temps. J'ai enduré ça deux ans, en choc culturel total, et oui, en jugeant le monde. C'est pas une belle qualité, c'est intolérant, tout ce que vous voulez, mais respirer les vapeurs de leurs souffleuses à feuilles tout au long des promenades du chien, c'était vraiment dégueulasse. Le vacarme que ça fait pendant des heures dans tout un quartier, aussi. J'ai jamais compris. Et je comprendrai jamais. Mais au moins j'ai pu à le voir ni à l'endurer.

![[...] tout le monde savait à quoi s’en tenir à ton sujet dès que tu avais répondu à la question: «T’es un p’tit qui?» [...]
[...] l’une des premières phrases que tu as déchiffrées est «Luc va à l’école avec son chien Fido», et je suis presque sûr que toi aussi tu te demandais ce qui arrivait à Fido, une fois rendu à l’école. [...]
[...] Je sais que tu avais un cahier L’Oiseau Bleu dans lequel tu dessinais des scènes des Évangiles. Zachée juché dans son arbre, les noces de Cana, la multiplication des pains. [...]](/public/.PXL_20251102_222525307_m.jpg)



