Du hockey et des filets
Mais non, je ne vais pas vous parler de l’élimination des Canadiens. Je suis en train de lire L’anglais n’est pas une langue magique, le nouveau Jacques Poulin. Je dois d’abord vous dire que Jacques Poulin est mon auteur québécois favori, que j’ai tous ses livres et que je les aime tous. Quand j’apprends que le grand auteur a publié de nouveau, je cours à la librairie. D’autant plus que le premier de ses livres que j’ai lu alors qu’il venait de paraître, il y a longtemps, m’avait laissé une profonde impression de finalité. Je m’en souviens fort bien : c’était après mon premier voyage à Natashquan, seule. J’avais traversé en Gaspésie et j’y étouffais (des gens et des villages, sympathiques, mais partout! Partout!). Incapable de me trouver un coin tranquille pour dormir dans la voiture (partout, je vous dis!), j’avais loué une chambre dans un gîte. J’ai pris une douche, je me suis allongée sur le lit et j’ai fini mon livre. Ensuite j’ai pleuré. Surtout parce que je sentais que l’auteur, dont on disait la santé fragile à l’époque, me semblait avoir tiré un grand trait, très final. J’avais tort, je m’en réjouis depuis.
Il est donc plus qu’évident que je me suis jetée sur son nouveau roman. Oui, j’ai retardé le moment de commencer. J’ai commencé ce matin, j’en suis à la moitié. Voyez pourquoi j’ai retardé? Ce soir ce sera déjà fini. Mais voilà, j’ai interrompu ma lecture pour en parler. Du livre? Pas vraiment. Si vous suivez le lien qui précède, vous en apprendrez déjà beaucoup trop, alors rien ne sert d’en remettre. Ce qui me turlupine, c’est que dans la prose de Jacques Poulin, on décrit soudainement un match de hockey. Pas de problème… jusqu’à ce qu’il parle du but… qu’il appelle des filets. Des filets. Comme dans « son ailier gauche posté à l’embouchure des filets ». Je n’ai pas interrompu ma lecture, c’est elle qui m’a interrompue. Si le joueur est à l’embouchure des filets, c’est qu’il est… à la fois des deux côtés de la patinoire! On est bien d’accord? Un gardien se tient devant SON filet, pas ses filets. Il n’est pas à la pêche, pardi!
Attention, ce pardi n’est pas lancé innocemment… je me demande si la relecture a été effectuée par un Français-de-France… qui frappe le palet de son gourdin ou je ne sais quoi, mais ne joue certainement pas au hockey qu’on connaît. Enfin, j’en doute, puisqu’on dit l’auteur plutôt maniaque des mots. Il a donc choisi de dire ses filets? Et l’éditeur et les relecteurs l’ont laissé faire? J’en suis pantoise. Enfin, ce n’est pas si important, n’est-ce pas? Pourtant si. Trois fois, qu’il l’utilise, sa lubie de filets-au-pluriel. Le résultat? Je vous écris plutôt que de poursuivre ma lecture. Je suis agacée. Je ne cesse de me répéter que je dois pourtant avoir tort, mais… Enfin, si quelqu’un peut me fournir une preuve, une source, un texte d’ici qui parle du hockey correctement et qui utilise des filets à chaque bout de la patinoire, je serais rassurée. Pacifiée. Pour le moment, au beau milieu de ma lecture, je suis surtout déçue (de façon générale, pas simplement filettière!). Et ça, ça me surprend.
PLUS TARD : Un ami me dit qu’anciennement il y avait peut-être plusieurs filets. Or, je viens de trouver cet article d’époque (comme contexte on peut difficilement faire mieux, mais je n’en dis pas plus pour ne rien gâcher de votre lecture!) qui dit et répète filets. Tous ensemble, alors : ouf! Ouais bon enfin, ouf un peu, pas trop. Ça continue de choquer mon oreille interne de lectrice pas-assez-vieille-peut-être (tiens, ça faisait longtemps!), mais qui connaît son hockey, tout de même. Comme prévu, j’ai déjà fini le roman. J’en suis déçue (d’avoir fini, surtout, mais du roman un peu aussi. Faut pas vous en faire, car j’attends toujours que le prochain Poulin soit le meilleur et tant qu’à moi ça n’est plus facile à faire depuis longtemps!). Si quelqu’un trouve quelque part une preuve de la théorie des deux-ou-plus filets, qu’il se manifeste!
Mais non, je ne vais pas vous parler de l’élimination des Canadiens. Je suis en train de lire L’anglais n’est pas une langue magique, le nouveau Jacques Poulin. Je dois d’abord vous dire que Jacques Poulin est mon auteur québécois favori, que j’ai tous ses livres et que je les aime tous. Quand j’apprends que le grand auteur a publié de nouveau, je cours à la librairie. D’autant plus que le premier de ses livres que j’ai lu alors qu’il venait de paraître, il y a longtemps, m’avait laissé une profonde impression de finalité. Je m’en souviens fort bien : c’était après mon premier voyage à Natashquan, seule. J’avais traversé en Gaspésie et j’y étouffais (des gens et des villages, sympathiques, mais partout! Partout!). Incapable de me trouver un coin tranquille pour dormir dans la voiture (partout, je vous dis!), j’avais loué une chambre dans un gîte. J’ai pris une douche, je me suis allongée sur le lit et j’ai fini mon livre. Ensuite j’ai pleuré. Surtout parce que je sentais que l’auteur, dont on disait la santé fragile à l’époque, me semblait avoir tiré un grand trait, très final. J’avais tort, je m’en réjouis depuis.
Il est donc plus qu’évident que je me suis jetée sur son nouveau roman. Oui, j’ai retardé le moment de commencer. J’ai commencé ce matin, j’en suis à la moitié. Voyez pourquoi j’ai retardé? Ce soir ce sera déjà fini. Mais voilà, j’ai interrompu ma lecture pour en parler. Du livre? Pas vraiment. Si vous suivez le lien qui précède, vous en apprendrez déjà beaucoup trop, alors rien ne sert d’en remettre. Ce qui me turlupine, c’est que dans la prose de Jacques Poulin, on décrit soudainement un match de hockey. Pas de problème… jusqu’à ce qu’il parle du but… qu’il appelle des filets. Des filets. Comme dans « son ailier gauche posté à l’embouchure des filets ». Je n’ai pas interrompu ma lecture, c’est elle qui m’a interrompue. Si le joueur est à l’embouchure des filets, c’est qu’il est… à la fois des deux côtés de la patinoire! On est bien d’accord? Un gardien se tient devant SON filet, pas ses filets. Il n’est pas à la pêche, pardi!
Attention, ce pardi n’est pas lancé innocemment… je me demande si la relecture a été effectuée par un Français-de-France… qui frappe le palet de son gourdin ou je ne sais quoi, mais ne joue certainement pas au hockey qu’on connaît. Enfin, j’en doute, puisqu’on dit l’auteur plutôt maniaque des mots. Il a donc choisi de dire ses filets? Et l’éditeur et les relecteurs l’ont laissé faire? J’en suis pantoise. Enfin, ce n’est pas si important, n’est-ce pas? Pourtant si. Trois fois, qu’il l’utilise, sa lubie de filets-au-pluriel. Le résultat? Je vous écris plutôt que de poursuivre ma lecture. Je suis agacée. Je ne cesse de me répéter que je dois pourtant avoir tort, mais… Enfin, si quelqu’un peut me fournir une preuve, une source, un texte d’ici qui parle du hockey correctement et qui utilise des filets à chaque bout de la patinoire, je serais rassurée. Pacifiée. Pour le moment, au beau milieu de ma lecture, je suis surtout déçue (de façon générale, pas simplement filettière!). Et ça, ça me surprend.
PLUS TARD : Un ami me dit qu’anciennement il y avait peut-être plusieurs filets. Or, je viens de trouver cet article d’époque (comme contexte on peut difficilement faire mieux, mais je n’en dis pas plus pour ne rien gâcher de votre lecture!) qui dit et répète filets. Tous ensemble, alors : ouf! Ouais bon enfin, ouf un peu, pas trop. Ça continue de choquer mon oreille interne de lectrice pas-assez-vieille-peut-être (tiens, ça faisait longtemps!), mais qui connaît son hockey, tout de même. Comme prévu, j’ai déjà fini le roman. J’en suis déçue (d’avoir fini, surtout, mais du roman un peu aussi. Faut pas vous en faire, car j’attends toujours que le prochain Poulin soit le meilleur et tant qu’à moi ça n’est plus facile à faire depuis longtemps!). Si quelqu’un trouve quelque part une preuve de la théorie des deux-ou-plus filets, qu’il se manifeste!









