La ville, j’en ai fait le tour
C’est faux, bien sûr, et je n’en profite pas autant que je le pourrais, mais c’est quand même ce que je ressens. J’ai été catapultée à sept ans juste à côté de l’autoroute des Laurentides, j’ai assez donné, il me semble. Depuis je rêve de quitter la ville. Pas Montréal en particulier, la ville en général. Et pas pour la banlieue, qui me donne envie de pleurer (dans mes moments les plus doux). Je n’ai plus d’inspiration ici. Plus le goût de prendre des photos, plus le goût d’écrire, et surtout pas sur mon quotidien. Je me sens dans un étau serré. Ça achève. Oui, mais d’ici là il y a un petit détail qu’on appelle déménagement. Or si dans la vingtaine j’ai beaucoup aimé déménager (et beaucoup déménagé), je me rends compte maintenant que je ne m’en sens plus la force. Qu’il reste en moi, en forçant pas mal, en poussant beaucoup, peut-être un seul déménagement. La maison ci-dessous? J’entends bien y mourir de vieillesse!
Y a aussi que la ville enflamme mon hypocondrie, me pousse à la paranoïa, et transforme l’amour de mon prochain en envie de lui pitcher de quoi par la tête pour que son vacarme cesse. Vivre et laisser vivre… oui, mais pas si je les subis malgré moi à longueur de journée! La ville me transforme en créature immonde, en un moi qui n’a rien à voir avec moi. J’en viens à me percevoir comme incompétente (ben oui, parce que le ménage ne se fait pas, que la vaisselle sale monte jusqu’au plafond et que les boîtes pas assez nombreuses ne se remplissent pas!) alors que je suis simplement au bout du rouleau. Le poisson hors de l’eau a fait ce qu’il pouvait, il aimerait maintenant retrouver son milieu de vie naturel.













March 18th, 2009 at 11:31 am
Moi je me retrouve déchiré entre la ville et la campagne. Je me sens dépendant sur les plaisirs et la stimulation auxquels je me suis habitué ici. Dans un monde idéal, je crois de plus en plus fermement que je me retrouverai bientôt dans une petite maison, possible près de La Tuque, ou ailleurs dans les Laurentides ou en Montérégie, à écrire, profiter du plein-air, et jouer avec mes chiens. Je descendrai souvent vers la ville pour prendre mon “fix” de bouffe exotique et de surcharge sensorielle, pour ensuite retourner vers mon “milieu de vie naturel”.
Aujourd’hui je fais ça à l’envers - j’habite la ville (ou banlieue, si tu préfères…) et je visite la nature pour m’évader. Je commence à penser que le contraire sera pas mal mieux pour mon état d’âme.
March 18th, 2009 at 1:20 pm
Ah, le déchirement ne doit pas être facile! Le seul que je vis c’est réalité contre désir, alors…!
Moi aussi je m’évade à la campagne. Par contre au cours des dernières années, le retour s’est mis à me déprimer de plus en plus. Passer tout le chemin à me dire que si je ne roulais pas vers mes chats je rebrousserais chemin… était un signe qu’il fallait déménager les chats!
Tu as des chiens?? Nous on a peut-être trouvé le nôtre: un labrador adulte qui a besoin de plus d’espace (lui non plus, pas heureux en ville!). On le rencontre en fin de semaine!
La bouffe exotique, ça se cuisine! :-)
Mais je te comprends: je viendrai aussi de temps en temps pour ma dose de délire psytrance… et j’irai dormir chez nous ensuite!
Le gros avantage pour qui n’a pas peur de s’éloigner? Le prix des maisons. Ridiculement bas quand on compare à Montréal, pour un terrain ridiculement grand. Hourra!