juillet
Juillet, c’est toujours un coup de vent, une bourrasque qui me pousse. Depuis trois semaines, mon congé s’est résumé à un seul après-midi (mais bien rempli). J’arrive au bout de la corde, mais juste au bon moment, juste avant de partir me lessiver le corps et l’esprit. Ça donne des moments impatients, des soupirs et des sautes d’humeur (de l’hyperjoie à l’épuisement). Je m’ennuie d’avoir du temps à ne rien faire que penser, mais je patiente, je patientise, je patientifie. Eh puis j’ai mille projets dont je ne veux pas encore parler, et ça me triture de l’intérieur. Mieux vaut présenter quelque chose de concret que de péter de la broue, me dis-je. Je tends le cou vers la fenêtre au moindre son d’un camion de livraison. Je rature liste après liste, sans toutefois venir à bout de tout. Chaque chose en son temps n’est pas exactement ma devise…
Les proprios ont tout arraché au-dessus, dans l’appartement de l’ex-voisine. Quelle surprise, le plancher de la damoiselle-dégat (lire : mon plafond!) était pourri. Les planches-à-moisissures sont parties, tout comme la baignoire, la toilette et le reste. Ils rebâtissent maintenant. C’est bruyant (inquiétant surtout, car on dirait que les bruits proviennent de nos murs), et c’est long, mais c’est quand même mieux que de craindre à tout moment un déluge. Quand ils ont tout arraché, l’air a empesté tout autour de la maison pendant un bon trois jours. Mademoiselle, sans eau courante, avait continué d’utiliser la toilette… Pourtant quand elle est partie (avec la clé!), tout était très propre, apparemment et étrangement. Beaucoup de projets ici, nos proprios : lundi, ils ont remplacé toutes les portes avant. Franchement, je suis un peu fatiguée pour eux.
Fatigue ou surmenage, ou encore épuisement bien normal après deux années sans vacances, je ne sais, mais mes pensées sont informes, claires pour moi mais sans mots qui s’y collent (mes capacités cérébrales sont réservées au travail et y suffisent, mais c’est à peu près tout!). Mon esprit fait dans l’art abstrait et pulvérise les sens pour en faire de nouveaux. J’essaie de me laisser porter sans trop d’ingérence, de ne pas voir trop loin et de prendre ce qui passe, mais comme ce n’est pas mon genre, je dresse d’autres listes. Pour après.












