Réalités autres
Hier après-midi, en revenant de mon massage (qui semble être ce qui aide le plus mon coude, et un an plus tard, je dois vous annoncer que l’épicondylite semble vouloir concéder que peut-être il serait temps qu’elle aille se faire voir ailleurs!), j’ai fait une sieste avec mon Tao. Ça m’a fait le plus grand bien, car je traîne un déficit de sommeil depuis quelques semaines. Je me suis réveillée de fort bonne humeur, pour me retrouver devant Petit Coco consterné. Du plafond de notre cuisine, de grosses gouttes d’eau brune coulaient. Allez hop, pas de panique, il faut enlever les livres de recettes au-dessus des armoires, la vaisselle propre et salle, nos brosses à dents, tout. Appeler le proprio pendant que le plâtre qu’il a mis pour réparer la fuite précédente pèle et tombe. Sonner chez la voisine d’en haut, en vain.
L’histoire a ensuite pris une tournure plus pittoresque, plus sordide et pas mal moins hygiénique (par contre, elle a fait appel à tous mes sens…). C’est que mon proprio, trois minutes après être allé voir en haut, est redescendu, me demandant de l’accompagner. Il voulait un témoin. Témoin je fus. Témoin d’un trois pièces bordélique, avec bouteilles de bière et petites culottes un peu partout bien en vue. De l’odeur qui alerte avant que les yeux ne découvrent la crotte de chien et l’urine de chien (j’espère) sur le plancher de la cuisine, l’évier bouché de crasse, le jus de vadrouille qui coule, et le summum, la toilette, visiblement utilisée, bourrée de papier de toilette, et la baignoire (sur pattes, comme la nôtre, et donc très haute) entièrement remplie, au robinet que mon propriétaire a fermé lui-même, dans laquelle flottaient quelques bouteilles. Je n’ai pas jetté un oeil sur le balcon, mais j’ai ensuite vu les photos qui m’ont confirmé que madame garde ses poubelles dehors, au-dessus de nos têtes, dans de beaux sacs bien éventrés, question de bien attire mouches, guêpes, écureuils et autres.
Devant le spectacle, mon proprio et moi avons tout de suite pensé qu’elle avait déguerpi. Eh bien il semble que non, car pendant qu’il constatait, elle allait payer son loyer (elle doit partir de toute façon ce mois-ci, et notre plafond s’en réjouit avec nous). N’empêche que, quand elle décidera de revenir dans son logis sans ustensiles, sans serviettes et sans vaisselle (mon proprio le sait, puisqu’il a passé trois heures à rendre le logement plus salubre ensuite), elle reviendra dans un appartement dont l’eau et l’électricité ont été coupées, question de sécurité. J’espère simplement qu’elle ne choisira pas ce moment-là pour cesser de se sauver de moi (elle a réussi depuis un an à ne même jamais me dire bonjour), car je préfère ne pas voir ma photo sur Allo-Police. Pendant que madame vit sa vie d’écerveléee (je ne suis pas naïve, il y a un problème chimique ou mental là-dessous), nous on vit dans une cuisine en lambeaux et on risque la moisissure. Pendant qu’elle paye son loyer, mon proprio risque d’avoir de gros et coûteux travaux à faire.
D’un autre côté, je lance un gros OUF, car qui sait ce qui se serait passé si au lieu d’être ici, j’étais allée faire un saut à Paris?













June 5th, 2008 at 11:51 am
Ouf ! quelle aventure ! La madame aurait pas cessé sa consommation de “tites” pilules depuis un certains temps ?
June 5th, 2008 at 12:10 pm
Je pense que c’est plutôt l’inverse, et peut-être pas sous forme de pilule. Je ne peux rien prouver, j’ai simplement un drôle de “feeling” depuis l’emménagement de la mam’zelle.