Deux mots sur l’enfance
J’ai écouté quelques émissions de Passe-Partout récemment, à Télé-Québec. Je suis incapable d’exprimer à quel point cette émission m’a marquée. De Louis Cyr au sapin qui sent le… sapin, des raquettes en babiche au chocolat de Pâques de grand-mère… Incroyable, ce que j’y ai appris et à quel point elle m’a appris à fonctionner, à tisser des liens avec le monde et les autres. Oh, si vous avez entre le 25 et 35 ans, vous pensez peut-être me comprendre. Mais il vous faut savoir avant tout que j’ai vécu mes années Passe-Partout en enfant unique, vivant dans la seule maison quatre saisons au bout dun rang infiniment isolé d’un tout petit village, et c’est seulement il y a quelques jours, en regardant l’émission, que j’ai compris comment elle a pour moi défini le monde : la ferme, la forêt, je connaissais. Mais ces enfants qui jouaient dans les parcs, qui traversaient la rue, qui sortaient dans la cour arrière de leur petite maison de banlieue… C’était l’inconnu pour moi, c’était Montréal, c’était la ville. C’était une autre vie.
Récemment aussi, j’ai revisité une autre partie de mon enfance en écoutant le film Charlie and the Chocolate Factory. Je vous explique. J’ai sept ans. La maison du rang est encore à nous, mais nous ne sommes plus à elle. Mes parents m’amènent au temple. Ils ne le savent pas. J’entre pour la première fois dans la bibliothèque publique de ville Saint-Laurent, à l’étage inférieur, celui réservé aux enfants. Pour moi, les livres auxquelles j’ai accès sont ceux des tablettes dans la chambre de mes parents, le vieux Larousse, les vieux livres illustrés que mes parents ont rangés sur les plus hautes tablettes de ma chambre. Et j’entre. Et ma vie change. Tous ces livres… Je peux tous les posséder. J’en bave d’envie. Dans trois ans, j’aurai lu le Matou de Beauchemin, je me tournerai vers les livres pour adultes. Mais cette fois-là, j’emprunte des livres pour enfants. Et l’un d’entre eux me fait rêver pendant des années. C’est Charlie et la chocolaterie. Et encore une fois, ce n’est qu’en voyant l’histoire à l’écran que j’ai compris à quel point j’aurais pu être autre si ce livre n’avait pas croisé même route. Mon sens de l’humour, entre autres, ne serait pas le même… Pas surprenant que j’aie rêvé d’être auteure…













January 3rd, 2008 at 8:29 pm
>si ce livre n’avait pas croisé [ma] route.
Il y aurait un papier à faire sur le sujet, non ?
>émissions de Passe-Partout
C’est pas du tout de ma génération, mais on me dit que c’était vraiment bon.
>des raquettes en babiche
Ah ! ça je comprends ;-)
January 6th, 2008 at 12:53 pm
>j’aie rêvé d’être auteure…
Mais… tu l’as été !
January 12th, 2008 at 12:45 pm
Ouep. Et j’en suis reviendue;-)