Habitude perdue?
Je vois bien, et vous aussi, que j’ai perdu l’habitude de publier un billet chaque jour, au moins. Ce n’est pas que l’envie ait disparu, c’est simplement que la vie me serre la vis. Oh, ce n’est pas une mauvaise chose. C’est simplement que je travaille comme une vraie folle. En fin de semaine? Bah, 7000 mots à traduire et une centaine de pages à relire. Je passe quelques jours par semaine chez un client, ce qui me sert à confirmer que je fais le bon choix pour moi en travaillant de la maison, de façon autonome, mais qui, en même temps, regarnit des coffres trop longtemps négligés. Quand on pense à notre âge, à nos projets, à la troisième opération qui approche, eh bien il faut serrer les dents et continuer de continuer. Oui j’ai parfois l’impression de courir encore et toujours. Oui je néglige certains aspects de ma vie. C’est temporaire, et l’absence de stress que me cause l’absence de dettes en vaut bien la peine. Adieu, cartes de crédit de grands magasins. Adieu, impôt en retard. Je vois maintenant venir le jour où l’épargne sera possible, et la vie, beaucoup plus simple. Et cela, je ne le devrai à personne.
En même temps, je me sens un peu décalée. Je ne vois personne, je ne sors pas, je ne fais que revenir du boulot pour travailler chez moi. Ça va encore. Mais que je mette plus de trois semaines à re(rerere…)lire The Hobbit, ça, c’est triste! Si vous pouviez voir mes fantasmes, ils sont le summum de la lubricité. Eh oui, je rêve maintenant toute la journée d’un retour à la maison, de l’ouverture d’une bouteille de vin (québécois, il y en a d’excellents et voilà que je me chauvinise!) et d’une conversation banale avec mes cocos, entourés de nos quatre chats redoublant d’amour ces temps-ci. Voilà, c’est tout. Excitant, non? Eh bien pour la titillation des sens, j’ajoute un foyer à mon fantasme. Oooooh! J’en vibre d’envie. Non, si je me sens décalée, c’est qu’autour de moi et en moi se fait un bouleversement de priorités, du genre qui replace les gens aimés au sommet de toute pyramide. Pendant ce temps, je travaille et travaille, et j’ai peu de temps pour réfléchir. J’aurai bientôt besoin de me recentrer, mais pour le moment, je tiens bon, je m’accroche… et je retourne au boulot.












