Balade en ville

Coin Charland et Papineau, arrêt de la 45 sud (Pour une fois que ces trucs arrivent ailleurs que dans mon quartier aux nombreuses coupures d’eau innattendues). J’arrive à l’arrêt et me place devant l’abribus. Deux dames âgées asiatiques entrent et s’assoient dans l’abribus. Je sors un billet de mon porte-feuille et vois un homme qui marche vers moi en titubant (franchement j’ai remis mon porte-feuille dans mon sac bien vite, parce qu’il me fixait étrangement). Je me remets à lire. L’homme arrive et me fonce presque dedans (je n’avais pas bougé et on était en plein jour, vers 13h, avec personne d’autre sur le trottoir, mais il semblait décidé à ne pas changer sa trajectoire. Quand je l’ai vu il était à quelques centimètre de moi!), avant de bifurquer. Il entre dans l’abribus, où les dames conversent en leur langue.
-Heille, parle en français si tu veux que j’te comprenne, câlisse! (Un silence a suivi dans le petit abri… Bienvenue à tous les immigrants en cette fin de semaine de la Saint-Jean… tenez-vous loin des idiots saouls et tout ira bien…)

Un haut-parleur du concessionnaire de voitures sur l’autre coin (tout de même à 40-50 mètres) fait entendre une voix de femme qui appelle un vendeur. Il beugle:
-Ta gueule, tabarnak!
Quelques minutes plus tard, on entend de nouveau la voix dans le haut-parleur. Il s’indigne:
-Non mais, ‘est donc ben fatiquante, elle!
Il sort de l’abribus.
-Envouèye, arrive asti d’autobus à marde!
Il va s’assoir plus loin, sur le gazon.
-Heille! Tu me l’diras quand l’autobus arrive! Heille! Heille!
Je crois qu’il me parlait… (mais mon nom n’est pas Heille). Malheureusement, il a vu l’autobus arriver et est monté. Je l’ai à peine entendu ensuite. Jusqu’à ce qu’une dame se blesse au coin de Beaubien et que je marche vers l’est en prendre un autre (selon les conversations dans l’autobus après l’annonce d’arrêt du chauffeur, il semble que certaines personnes aient des médecins qui respectent leurs heures de rendez-vous (quelques dames s’en inquiétaient)… je voudrais bien savoir qui et où, parce que nous, en orthopédie à Maisonneuve-Rosemont, on sait que le médecin arrive vers 9h30 même si le premier rendez-vous était pour 8h…). Bref, cette excursion de par la ville m’a suffi. Des klaxons, des gens déments, des accidents… finalement je suis revenue dans mon petit logement sans eau courante (la ville a décidé de réparer les rues, c’est bien beau… mais les rues juste autour de l’école, vous pensez pas que ça aurait pu attendre une petite semaine? Parce que vous avez bloqué la seule rue où peuvent passer les parents qui viennent chercher leurs petits, nigauds, et que j’aime mieux savoir que quand Petit Coco est à l’école… il peut boire de l’eau! (et non revenir catastrophé en me disant que l’eau du robinet n’est pas bonne, c’est mon directeur qui l’a dit!)).
À part ça? J’ai très mal au bras gauche. Ça sent la tendinite. Merde.

14 Responses to “Balade en ville”

  1. bob august Says:

    >Ça sent la tendinite
    Trop d’ordinateur ? Trop de lecture - à force de tourner les pages en utilisant le même bras ? Accorde-toi une pause en fin de semaine. Je suis persuadé que tu le mérites.

  2. vieuxbandit Says:

    ouin - aujourd’hui ça sent le “tennis elbow”. j’ai reposé mon bras la fin de semaine passée, mais je l’ai re-magané en absorbant les chocs pour Petit Coco qui avait un torticolis en voiture :-(

    j’ai mal, mais je suis surtout en colère! l’impuissance ne me convient pas! du repos, du repos, gnagnagna! grrr. pas le choix…

  3. bob august Says:

    >l’impuissance ne me convient pas!
    Je suis comme toi : le repos oui, mais l’impuissance face a la maladie, l’injustice, ben ça passe pas du tout.

  4. vieuxbandit Says:

    je sais pas si c’est injuste mais je commence à en avoir plein le… ouin. tannée déjà d’être à demi-invalide.

  5. bob august Says:

    Et en plus, fait chaud, mais chaud…

  6. vieuxbandit Says:

    oh, quand il fait comme ça, je ne sors pas! (non vraiment, manquerait plus que ça! déjà que taper d’une main pendant que l’autra bras brûle…) l’avant de notre appartement reste frais. je ferme l’arrière et tout va bien!

  7. bob august Says:

    >oh, quand il fait comme ça, je ne sors pas!
    Les joies du boulot à la maison ;-)

    Dans mon cas, chaud pas chaud, je me tape 6km aller et 6km retour à pied, tous les jours ; c’est la distace qui me sépare du boulot à la maison. Noooon ! je ne suis pas brave : la vraie bravoure consiste à prendre le transport en commun au quotidien.

  8. vieuxbandit Says:

    Moi aussi je préfère marcher au transport en commun, règle générale. Surtout aux heures de pointe!

    Ah, les joies du travail à la maison sont multiples! Quand je travaillais en bureau j’étais malade tout l’été avec leur foutu air climatisé assez froid pour que les hommes puissent être bien en complet! Je n’aime ni l’air climatisé ni la chaleur de Montréal l’été. Vivement l’air de la campagne et l’humidité non bétonnée!

  9. bob august Says:

    >foutu air climatisé assez froid
    >pour que les hommes puissent être
    >bien en complet!
    Plutôt d’accord avec toi, mais ça n’explique pas le froid glacial dans les épiceries, au cinéma, dans les centre-d’achats. L’explication du complet ne tient plus. Ou du moins, ne suffit plus.

    Bof ! Fait trop chaud pour partir une polémique. Vivement 16h30 afin que je quitte cet enfer glacial pour hommes en complet ;-)

    P.S. aujourd’hui au boulot, je suis en jeans et en chemise à manches courtes avec motifs ;-) C’est ma façon de marquer ma différence vis a vis la grande visite des gens de Toronto qui sont dans “la place”… HUM ! ça sent les coupures de postes…

    Et puis, ce bras ?

  10. vieuxbandit Says:

    Ce bras se repose toujours, avec peu de résultats. (Peu mais quand même, aujourd’hui je peux travailler, tant qu’il ne s’agit pas de trop utiliser la gauche du clavier.) Ce bras sera chouchouté jusqu’à mardi prochain, alors qu’une chiropraticienne tentera, je l’espère, de décoincer ce qui fait que la douleur revient (parce qu’attendre six ou huit heures dans une clinique pour me faire dire de me reposer afin de soulager les symptômes (rien pour la cause), avec des anti-inflammatoires pour me dérégler la digestion et ne rien régler du tout, hein… bine d’air, donne date!).

  11. bob august Says:

    >bine d’air, donne date!
    Je me marre… T’as pas idée… je la connaissais pas celle-là ! Dit, tu as un copyright sur ça ?

    Bon, sérieusement (dit-il en essuyant du coin de l’oeil une larme de fou rire) faut me promettre de pas faire trop travailler le bras valide car tu t’imagines avec des bras.. bon, faut pas toujours penser au pire. Bonne chance pour la suite des choses.

  12. vieuxbandit Says:

    Pour le droit d’auteur… maintenant, oui! ;-) Mais les droits de reproduction seront presque gratuits!

    Ah, le pire j’y pense! J’ai des tumeurs au coude, c’est évident! (gngrgnblbgn) En attendant, ma relecture des Harry Potter va grand train - moi qui croyais les étirer jusqu’au 21… j’ai lu les trois premiers en quatre jours…

  13. bob august Says:

    >j’ai lu les trois premiers en quatre jours…
    Et qui tourne les pages pour toi ;-))

  14. vieuxbandit Says:

    La main droite, juré craché! (un tiers du 4e avalé…)

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