Rat des villes, rat des champs… pas de gagnant!
Je suis née à la campagne, Petit Coco à la ville. Il a dix ans. Je me souviens très bien avoir eu dix ans. Alors je m’amuse…
Ce que je savais faire à dix ans que Petit Coco ne sait pas encore faire* :
- Coudre (à la machine et à la main, dès environ quatre ans; mes poupées étaient mal habillées, mais elles avaient beaucoup de vêtements! Quand je dis que je déteste coudre à la main… ça part de loin!);
- Conduire un tracteur (mon père s’occupait de l’embrayage, que mes pieds ne pouvaient atteindre; sur une ferme, un enfant doit et veut se rendre utile!);
- Cuisiner (à dix ans? Je m’étais déjà brûlée souvent!) des trucs simples, mais tout de même en utilisant la cuisinière;
- Tirer au fusil (y’a pas de quoi se vanter…);
- Reconnaître des tonnes de plantes sauvages (que j’ai ensuite toutes oubliées…);
- M’occuper seule longtemps (une question de personnalité plus que d’apprentissage);
- Faire du kayak, de l’équitation, de l’hébertisme et autres trucs appris au camp de vacances (il en découvrira plusieurs cet été);
- Respecter le code de la route en vélo (il en viendra à cette étape cet été).
Ce que Petit Coco sait faire que je ne savais pas faire à son âge :
- Tout ce qui a trait à Internet, bien sûr! Mais j’avais déjà fait le tour des possibilités de mon petit micro-ordinateur (on appelait ça comme ça…) et j’avais appris seule les bases (!) de la programmation en Basic (à force de recopier des programmes contenant des erreurs… je faisais du debugging à huit, neuf ans!);
- Tout ce qui a trait à la vie en groupe, un talent naturel pour lui, un pénible et long apprentissage pour moi;
- Économiser son argent de poche! (J’avais besoin de beaucoup d’encouragement!);
- Prendre le train seul (j’aurais pleuré de peur! Déjà, aller au dépanneur…);
- Changer d’humeur quand il le faut (moi… je pouvais bouder des heures durant, quel enfer! Lui finit par comprendre, s’excuse et tout va bien!);
- Comment avoir une blonde (pas qu’il se passe grand-chose, mais j’aurais bien voulu un chum et je n’en ai eu que plus tard);
- Parler anglais. À dix ans j’ai fait rire de moi pendant le cours d’anglais en essayant de prononcer sausage. (Maintenant je parle mieux anglais que vous, bande de marmots méchants! Et puis a-t-on idée, aussi, de nous donner un prof d’anglais à l’accent haïtien TRÈS prononcé!).
Et on se ressemble…**
- Par la lecture avide et sans fin de romans, de bandes dessinées et du magazine Les débrouillards;
- Par notre capacité à faire nos trucs seuls le matin et le midi (il n’a pas encore oublié d’activer son réveille-matin une seule fois!);
- Par notre amour des animaux autres qu’humains;
- Par nos cheveux en mohawk (faut croire que la ressemblance ne vient pas uniquement des gènes, mais aussi de la volonté!)
- Par notre créativité débridée.
Conclusion de ce petit exercice? Il est déjà plus polyvalent que moi par sa personnalité, et ce que j’ai appris, il l’apprendra quand il en aura besoin (mettons que pour le tir au fusil, on peut laisser faire…). Ah, et seconde conclusion : dix ans, c’est un bel âge!
* Oublions le fossé garçon/fille, puisqu’il est élevé sans tenir compte de ça (autant que faire se peut), comme je l’ai été.
** La semaine dernière, dans sa classe, une camarade dont la peau est noire et qui savait que j’étais belle-mère et non mère nous taquinait en disant qu’on se ressemblait. Je lui ai répondu que je voyais qu’ils étaient amis… tant ils se ressemblaient. La pauvre en a été abasourdie… jusqu’à ce que j’éclate de rire.












