Université
On ne peut pas être contre la vertu. Plus de diplômés (et surtout plus de diplômées!), c’est une excellente nouvelle (sauf que, bien sûr, vous lirez plus bas que le taux d’emploi des diplômés, lui, a baissé). Le Québec de la Révolution tranquille avait grandement besoin de savoir et d’éducation post-secondaire, et s’est donné les moyens de répondre à ses propres besoins. Bravo!
Par contre, quand je lis ce genre de nouvelles, je ressens un certain inconfort. Ce n’est pas contre l’université ou les études universitaires que j’en ai, mais plutôt contre leur nécessité pour tous et chacun. L’accessibilité, c’est fantastique. Tous ceux qui souhaitent aller à l’université devraient le pouvoir… si ce souhait est sincère et ressenti. À l’opposé, je me suis retrouvée à l’université pour me demander ce que j’y faisais. Oh, j’avais les capacités requises, je le sais, mais je me suis prise à me demander comment je m’étais retrouvée là, pour finalement comprendre que durant toute ma vie, tous les gens autour de moi avaient simplement tenu pour acquis que l’université serait mon but et ferait partie de ma vie. Bien sûr, personne ne m’a forcée, et il n’en tenait qu’à moi de changer de voie, mais j’avais simplement gobé les espoirs et les attentes d’une partie de ma famille (la partie avec qui j’ai maintenant peu ou pas de contacts, et qui trouve donc ça dommage quand l’une de ses membres songe à étudier pour devenir une simple (!) infirmière; il fallait que je vois le piège pour m’en sortir).
Une fois le doigt dans l’engrenage, j’ai choisi de terminer les études entreprises, et j’ai assumé ma décision. Par contre, si un adolescent me demandait mon avis à propos de ses choix de carrière, jamais je ne présenterais l’université comme LA seule unique et bonne solution. La (une des) contrepartie de l’accessibilité, c’est que l’université a tendance à créer un espace confortable pour des gens qui ne devraient pas s’y trouver, mais qui gravitent, tâtent de tout et s’étiolent, qu’elle accepte souvent des gens qui n’ont pas maîtrisé les règles élémentaires de la grammaire (et dans certains cas ce sont eux qui deviendront les enseignants de nos enfants…) ou d’autres règles de base, alors que ce n’est nullement son rôle de tenir par la main ses étudiants. Bref, que ce soit par manque de conviction ou par manque de compétences (transversales, ah lalalalala!), beaucoup de gens finissent à l’université à force de se faire dire à quel point l’université est la fin et le but de tout, tous et toutes. Ben oui, on se retrouve avec des pénuries de main-d’oeuvre, et c’est notre faute, mais je pense ici davantage au bonheur et à l’épanouissement des individus qu’à un problème économique. On a décidé il y a plusieurs décennies que tous les petits Québécois étaient ronds, ce qui convenait parfaitement aux trous ronds des universités, mais plusieurs d’entre nous sommes plutôt carrés (voire triangulaires!)! Bravo à tous ceux qui trippent à l’université, mais bravo aussi à ceux qu’on oublie, et qui font le bon choix en n’y allant pas!













March 26th, 2007 at 8:49 am
Très juste comme réflexion. Moi je n’ai qu’un petit DEC mésirable. Mais dans le fond, c’était mon choix et ça répondait tout à fait à mes ambitions.
J’aurai pus aller à l’université aussi, mes parents auraient surement bien aimé ça, mais dans le fond, c’est le résultat final qui importe, le bonheur dans notre job. :)
March 26th, 2007 at 9:31 am
>le bonheur dans notre job. :)
Tout a fait : je me suis contenté d’un certificat à l’UQÀM ; c’est le papier que j’avais besoin pour décrocher un emploi dans un domaine qui, je le savais, m’apporterait de la joie. Près de 20 ans plus tard, je suis toujours heureux dans mon boulot.
March 26th, 2007 at 11:53 am
Ben voilà - parce que la joie de faire un travail qui nous satisfait permet de trouver toujours du boulot, et permet de passer par dessus bien d’autres obstacles, alors que viser l’argent, le “standing” ou je sais pas quoi, ça ne mène qu’à des diplômés chômeurs ou à des crises cardiaques à 40 ans. Quand on parle aux jeunes (et ils sont très jeunes! à 15 ans j’avais déjà éliminé pratiquement toute possibilité d’aller en sciences!) de “leur avenir”, on oublie de parler d’épanouissement et de simple joie. On parle bureaucratie au lieu de parler à des personnes qui doivent chacune trouver leur voie. On fausse la donne. À l’époque je n’ai pas mordu - direction art dramatique! Mais ensuite, quand j’ai choisi d’aller en droit, je ne pensais plus à aligner qui j’étais avec un bonheur possible, je pensais plutôt me fondre dans un nouveau moule - erreur!
March 26th, 2007 at 2:54 pm
>alors que viser l’argent, le “standing” ou je sais pas quoi,
Ouais. Tu as parfaitement raison. Viser l’argent et le standing ne devrait pas être LE but. Un des buts, pourquoi pas si ça colle à ta personnalité. Mais LE but ultime ? Hum…
Drôle : oui j’adore encore mon métier - pour faire court, je dirai simplement que je suis archiviste. mais crois-le ou non, au moins une fois par mois, je dois expliquer ce qu’est le boulot d’archiviste !!! À force de vivre son présent et de regarder droit devant soi vers le futur, on semble oublier le passé, l’histoire, les archives…. et les archivistes ;-)
March 26th, 2007 at 2:57 pm
Une archive, c’est comme un gros gros CD mais tout noir, hein, c’est ça? ;-P
Pour l’oubli de l’histoire… on s’en reparle quand on aura les résultats de l’élection? ;-) Je trouve que les gens ont la mémoire courte!
Exactement, tu as raison - moi ça ne collait pas à ma personnalité! Tant mieux pour ceux qui veulent du fric, plein de fric, si ça les rend heureux. J’suis pas obligée de comprendre pour leur souhaiter bien du bonheur!