Mea culpa
J’ai fait une grosse gaffe hier. Le genre d’erreur stupide qui me hante, qui m’a chamboulée comme ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Un texte qui aurait dû demeurer extrêmement privé parce que c’était un délire monumental a été publié ici pendant plusieurs heures (à mon insu - je ne l’ai jamais voulu, mais je n’ai pas vérifié qu’il ne s’affichait pas (il apparaît pour moi mais je devais fermer ma session et vérifier qu’il n’y était plus) et quand je l’ai appris, le mal était fait). Je me laisse parfois emporter par des émotions qui prennent des proportions qui n’ont rien à voir avec la réalité (et dans ce cas, si j’écris je devrais apposer au texte un lourd cadenas!). Plus jeune, j’explosais au visage des gens. J’ai fait énormément d’efforts depuis pour améliorer mes aptitudes sociales (je me sens souvent comme un enfant élevé par les animaux sauvages, et les humains me sont souvent très étranges), pour délirer dans ma tête ou sur papier et laisser ça tomber avant de réagir. Je peux écrire dix pages, ce qui me calmera entièrement, et ensuite me tourner vers la personne et lui dire quelques mots, parce qu’au fond la plupart des mes plaintes n’avaient rien à voir avec la personne et tout à voir avec mon délire de situation vue d’un seul côté et déformée, grossie, tordue. Souvent même je me rends compte que j’ai pris un grain de poussière pour une montagne. Un exemple concret? Le début de mon seul roman est plutôt agressif. Eh bien, ce début, je l’avais écrit (sous sa première forme) en pensant à une pesonne que j’aime beaucoup (énormément). Des mois après le premier jet, j’ai retrouvé le texte, je l’ai travaillé et intégré au roman, mais avant tout, j’ai été vraiment surprise de lire ma folie, de lire le texte en observatrice tout en sachant qui me l’avait inspiré à l’époque. C’était plein d’énergie, soit, mais ça n’avait rien à voir avec la réalité. Au mieux, ça faisait de la quasi-bonne fiction.
La culpabilité. Franchement, je n’en avais pas eu d’attaque aussi virulente depuis des années. J’en ai presque été malade, mais en même temps ce genre de moment ultra désagréable et causé uniquement par moi, où j’ai vraiment eu le goût de me cogner la tête sur les murs en répétant « stupide, stupide, stupide », m’a fait changer de point de vue et voir bien des choses. Certaines choses très désagréables, comme de soulever un tapis pour découvrir des insectes qui rampent et pullulent sans qu’on ait su qu’ils étaient là. Mais aussi d’autres qui portent l’espoir. Enfin, c’est trop tôt pour savoir ce qu’il va en ressortir, mais je sens naître en moi une transformation qui tendra à la sérénité. Parce que vous savez quoi? La plupart de mes délires ont trait à des choses qui ne m’appartiennent pas. C’est bien d’avoir les choses à coeur, mais franchement, on dirait parfois que j’ai un balai bien inséré dans le derrière. Et à s’énerver comme je le fais pour des riens, je me sens comme une usine à ulcers.
C’est comme si j’avais un but, et que je peinais pour l’atteindre, et cette erreur monumentale, cette gaffe proverbiale, m’a donné une gifle qui m’a remis les yeux devant les trous et m’a montré mon manque d’authenticité dans la quête. Je me débats pour rien (ou des broutilles) au lieu de laisser aller ce qui n’a aucun impact sur moi, ce qui ne me regarde pas. Je juge sans aucun droit. Je réagis comme un fouet et je vise très mal. C’est correct. Au sens où je me sens minable, mais j’aime mieux être honnête et changer de voie que de rester minable. J’ai présenté des excuses et je le referai. J’ai eu la chance de me voir répondre que l’on ne m’en voulait pas. Une chance énorme. Je pourrais simplement continuer mon chemin en m’assurant que ce genre d’idiotie de ma part ne se reproduira plus, mais je veux aller plus loin. J’ai bien des choses à apprendre. Je ne veux pas en dire plus long, car je suis encore en ébullition. Je sais cependant que cette gaffe spectaculaire devait malheureusement se produire, puisque j’en avais visiblement besoin. Je regrette inifiniment que les choses se soient produites ainsi, mais j’en tirerai profit en m’assurant non pas que telle chose ne se reproduira pas, mais en m’assurant de vivre de façon à ce que telle chose soit impossible et impensable. C’est le temps de faire un virage.












