Lecture, pensées additionnelles

Je lis trois livres en ce moment. Peut-être même cinq. Depuis le premier janvier, j’ai lu ou suis en train de lire… 22 livres. (Et quand je dis lire, c’est du début à la fin sans sauter une ligne.) Maniaque, je vous dis. Si je ne me connaissais pas si bien (ahem), je dirais même que c’est une fuite carabinée, un refuge pour éviter de penser (à quoi? si je m’empêche d’y penser, vous ne pensez pas que je vais ouvrir ce sac-là ici, quand même?). Oh, ces lectures provoquent des étincelles et des court-circuits qui risquent de me mener à d’autres projets (je ne suis que moi, après tout, je ne peux pas l’empêcher), mais tout de même, le doute, le besoin confus de me cacher sous une pierre mais de façon métaphorique et plus agréable, de côtoyer la folie des autres plutôt que les limaces… C’est louche. Une boîte de vers de terre, dirait mon Anglo. C’est à la fois une fuite et une solution, un refuge protecteur et une façon d’ajouter des sous-chapitres à ma vie, d’utiliser le temps au mieux pour le remplir, y fourrer tous les bouts de ficelle et ensuite sauter sur le couvercle pour tout refermer. La lecture me sert à tout. Comme tout le monde, apprendre, me divertir. Mais plus encore. Me perdre, m’étendre, voler et survoler, me cacher, m’enfermer, m’épanouir, m’oublier et me souvenir, imaginer, peupler, bourgeonner, régner, choisir, vivre. Et perdre quelques parties de moi, même momentanément.

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