Situation plus ou moins hypothétique
Disons que je traduirais un magazine entier tous les deux mois et que j’en tirerais un revenu peu élevé, mais régulier et apprécié. Disons que j’y écris également, et que je participe aux décisions éditoriales. Imaginons maintenant un auteur, pas un petit jeunot à peine sorti de l’école, non, quelqu’un qui a vécu, quelqu’un qui est censé et qui prétend connaître son domaine, et qui soumet un texte qu’à la relecture je trouve étrangement infiniment supérieur à ses textes habituels, que je suis habituellement forcée de touiller ardemment, même si lui prétend envers et contre moi que ses perles manuscrites sont si parfaites qu’il nous suffit de les imprimer. Imaginons encore que, sachant que j’aurai à traduire le texte, je me mets à faire des recherches pour trouver les équivalents en français de plusieurs termes obscurs, et que, par un hasard googléen, je tombe sur un article écrit par un expert, qui répète presque mot pour mot l’article que j’ai sous les yeux. Fabulons que je compare les deux textes à l’aide d’un logiciel de traitement de texte bien connu, et qu’à peine quelques mots ont été modifiés à ce très évident plagiat de notre auteur. Supposons ensuite que j’alerte l’équipe et que le texte soit refusé, avec explications fournies à l’auteur. Disons alors que l’auteur s’exclame être victime de ma mauvaise foi et clame haut et fort son innocence, même lorsque confronté à la comparaison informatisée, même devant l’équipe complète qui commence vachement à s’inquiéter de la perte possible et éternelle de ses revenus, advenant un cas de plagiat aussi grossier. Supposons que, malgré tout, quelques jours plus tard, (il ose remontrer sa face par ici et) il nous soumet une seconde version de son texte, avec des paragraphes bougés, des phrases empirées et des synonymes remplacés. Imaginons que je refuse le texte une deuxième fois. Que ferait mon auteur plagiaire dans ce cas? C’est clair, c’est limpide, c’est diaphane : il attend un an et nous le renvoie pour publication.
En passant… Le contrevenant encourt, sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, une amende maximale de vingt-cinq mille dollars et un emprisonnement maximal de six mois, ou l’une de ces peines, ou, sur déclaration de culpabilité par voie de mise en accusation, une amende maximale d’un million de dollars et un emprisonnement maximal de cinq ans, ou l’une de ces peines.












