Une idée impopulaire

Pour contrer la quantité absolument faramineuse (et intenable) d’énergie que nous dépensons collectivement, j’ai une petite idée… celle de forcer les propriétaires à réparer et à améliorer l’isolation des immeubles, qu’ils soient commerciaux ou résidentiels. J’ai pensé à ça ce matin, quand j’ai entendu (vaguement, hein, je n’étais pas très éveillée) que quelqu’un, à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de Nairobi, avait recommandé d’éliminer toutes les subventions à l’énergie. Si je comprends bien, ça voudrait dire que nous, petits Québécois endettés et pauvres, devrions payer bien davantage pour notre hydroélectricité (paraît que détruire des écosystèmes entiers, exproprier des gens vivant sur leurs terres ancestrales et démolir le paysage, ce n’est pas payer assez cher – évidemment, ce prix-là varie selon l’individu). Or… ben… je peux pas. N’en n’ai pas plus à donner. Voudrais bien bien faire, mais… non. Par contre je pourrais économiser un montant formidable (et une énergie équivalente) si je ne sentais plus les courants d’air envahir mon petit logement. Ah oui bien sûr on va mettre cette horreur de plastique partout, mais oui mais oui (la peinture au printemps, j’ai rien que ça à faire après avoir arraché le tape). Mais le plastique n’y change pas grand-chose. Et j’ai appris au printemps avoir dormi trois hivers durant dans une chambre isolée… aux panneaux de bois posés directement sur des blocs de béton. Bravo pour l’économie d’énergie. Bravo pour le respect des locataires. Et moi qui me demandais pourquoi le thermostat indiquait 25 puisqu’on gelait. Oh, je sais, les pôvres proprios en ont déjà tellllllement à payer (ouin, euh, non, désolée : les cinq et demi à 1200$ sur le Plateau, ça devrait couvrir les frais d’isolation! Ça permettrait aux locataires de pouvoir payer le loyer, tsé… (remarquez, je ne sais pas qui peut payer ce prix-là)). Alors c’est ma petite contribution à l’idéal. Oh, je continuerai de faire ce que je peux au quotidien, bien sûr, mais c’est comme un peu légèrement subtilement frustrant de toujours être dans la position du crossé (je ne veux pas occuper celle du crosseur, tiens), et de voir bien facilement que tous nos petits efforts individuels bien intentionnés ne font pas le poids. À quand un règlement forçant les immeubles du centre-ville à éteindre toutes les lumières des bureaux la nuit? À quand des lois obligeant les entreprises à faire au moins autant d’efforts que leurs employés en font chez eux? (Et merde, pourquoi attendent-elles les lois? Le civisme, ça s’apprend!) Et quand aurai-je chaud, chez moi, en hiver (pas *chaud*, pas les tropiques, juste être bien!)? C’est important que les nouvelles constructions soient plus efficaces, oui, mais les anciennes, celles qui recouvrent tout notre territoire… on les oublie? On fait comme si elles n’existaient pas? Ben voyons.

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