8 Jan 2026

Le potager de 2026

 

Le potager de 2025 a été plutôt désastreux. Arrivée trop tardive dans la région pour certaines cultures, déménagement qui occupe autrement... et maladie, infection ou insectes: mes tomates étions presque toutes mourues. Je ne fais pas confiance à la terre en place (insectes ou infection, c'est encore là), et j'entends cultiver en sacs de culture. Je l'ai déjà fait, ça ir abien, mais idéalement ça prendra un tuyau suintant et une minuterie, en plus des sacs et du terreau...

Pour 2026, en plus de mes semences, j'aurai accès à la banque de semences de la bibliothèque locale, à explorer gratuitement. Sauf que... j'ai un seul espace pour partir des plantules, et c'est sous la maison. Oui bon j'ai des tubes à DEL, des chaînes pour les installer à différentes hauteurs, et tous mes accessoires. Sauf que... c'est un espace qui a la hauteur d'une demi-personne. Et que j'ai des tendances à la claustrophobie. J'essaie de me convaincre depuis des mois, et je pense que ça ira... avec de la musique, beaucoup de lumière, et probablement des tisanes vraiment calmantes. Nan, mais je peux au moins faire les semis en haut, si j'ai de l'aide pour les descendre. De toute manière pour acclimater les plants, ça me prendra de l'aide pour les monter et descendre. Ça ne sera sans doute pas élégant, mais je crois que ce pourra être possible.

Maintenant... la chose étrange. C'est que moi qui suis anti-gourous et qui fais toujours à ma tête... je n'ai jamais cultivé dans une zone de jardinage aussi chaude (et aride, l'an passé: pire qu'en Alberta!). Et làlà? J'aimerais bien que les deuxièmes voisins, ceux qui ont toute une cour de coin de rue en potager foisonnant, me prennent sous leur aile en me disant quoi faire précisément, chaque esti de jour. C'est ridicule, et je vais me ressaisir, mais en ce moment, je me sens comme une bambine qui veut un break. J'aimerais ça arrêter d'échouer, pour un bout, si ça vous fait rien. *Soupir*

7 Jan 2026

Watche-moé

 

Il y a très longtemps

(très, très longtemps)

Au Canadian-Tire 

(pas n’importe lequel, non)

Celui de la place Alexis-Nihon

J’ai constaté 

(et vérifié et confirmé)

Que je choisis toujours la file qui avance le moins

 

Je n’ai pas compris tout de suite

Que ça s’applique à tout ce que je fais

 

Tu veux savoir quelles erreurs éviter?

Watche-moi ben aller

5 Jan 2026

En 2025, vrac

 

J’ai été au Québec trois fois. En avion, en autobus, en train. Je suis déménagée, avec les enfants et les chats et les caisses de livres, de l’Alberta à une petite maison où rien n’est à niveau, en promettant aux chats de ne plus leur faire revivre un voyage en soute. J’ai quitté un homme et j’ai effacé toutes les photos de lui, sans regret. J’ai eu sur la tête moins de cheveux blancs après le déménagement qu’avant (la paix, ça veut mieux que la teinture). J’ai lu environ 140 livres, dont beaucoup étaient numériques et empruntés à la bibliothèque. J’ai enfin trouvé des bacs à litière en inox (on a les désirs qu’on a, ok là) et enfin sorti mes livres de leurs boîtes, après plus de deux ans et demi. Je me suis baignée souvent dans une rivière, et quelques fois dans des piscines. J’ai beaucoup marché. Je me suis faite envoyer chier par mon beau-père; je pourrais dire que ça venait d’années d’accumulation, mais le déclencheur a été que je ne tolère plus l’imbécilité des gens qui croient que plusieurs femmes accusent un homme de viol… pour avoir un bout de son argent. En 2025, j’ai consommé les produits de cannabis légaux d’une quatrième province. J’ai trop mangé. J’ai envoyé un manuscrit à une maison d’édition, puis j’ai pris peur et je n’ai plus agi, vu de l’extérieur (mais j’écris; j’ai même fait revivre le monde du vieux bandit!). J’ai continué mes leçons d’espagnol au quotidien, ce qui fait que n’en déplaise à ceux qui croient que les applis de langues ne valent pas dla marde (pauvre eux, j’ai appris l’anglais avec un dictionnaire et des livrets de cassettes audio!), j’ai un vocabulaire de 5000 mots en espagnol, et je commence à vraiment comprendre ce que j’entends ou lis. J’ai fait un jardin, mais tout a mal été, du départ trop tardif à la sécheresse en passant par un sol pourri; je remettrai ça l’été prochain (jamais profité d’une zone de jardinage aussi chaude!). Je me suis fait servir un plat à la viande pour mon cinquantième anniversaire (yark). J’ai compris certaines affaires (beaucoup, mais il en reste à l’infini). J’ai commencé un célibat exquis, choisi, et sans date de péremption. J’ai continué d’apprendre, en étant souvent corrigée par mon ado qui me dit que je ne vieillis pas mal. 

11 Dec 2025

Jacques Nadeau (RIP)

Helene Jutras, photo par Jacques Nadeau, 1995

Le photographe Jacques Nadeau est mort cette semaine.

Il y a vingt-six ans, il avait réussi à me faire assoir sur le bord du toit de l'immeuble du Devoir pour prendre cette photo-là (que j'étais jeune!). Il faut savoir que j'ai le vertige. Aujourd'hui, j'opposerais un non pas mal plus (infiniment plus, oui) catégorique, mais il faut croire qu'il a su me convaincre.

13 Nov 2025

Extrait de lecture: Un livre sur Mélanie Cabay, de François Blais

[...] tout le monde savait à quoi s’en tenir à ton sujet dès que tu avais répondu à la question: «T’es un p’tit qui?» [...]
[...] l’une des premières phrases que tu as déchiffrées est «Luc va à l’école avec son chien Fido», et je suis presque sûr que toi aussi tu te demandais ce qui arrivait à Fido, une fois rendu à l’école. [...]
[...] Je sais que tu avais un cahier L’Oiseau Bleu dans lequel tu dessinais des scènes des Évangiles. Zachée juché dans son arbre, les noces de Cana, la multiplication des pains. [...]

 

12 Nov 2025

Extrait de lecture: The Triumph of Achilles, de Louise Glück

TO AUTUMN

Morning quivers in the thorns; above the budded snowdrops
caked with dew like little virgins, the azalea bush
ejects its first leaves, and it is spring again.
The willow waits its turn, the coast
is coated with a faint green fuzz, anticipating
mold. Only I
do not collaborate, having
Flowered earlier. I am no longer young. What 
of it? Summer approaches, and the long
decaying days of autumn when I shall begin
the great poems of my middle period.

 

Extrait de lecture: Rose amer, de Martine Delvaux

Mon village était un village où on était fier de dire que tout le monde connaissait tout le monde. C’était un village comme tous les villages , comme tous les quartiers où vivent des gens qui se surveillent et disent s’aimer. C’était comme ça, et parfois c’était pire. Il fallait travailler fort pour protéger un secret. Il fallait être adroit, mesquin, il y avait de quoi s’occuper. C’était quelque chose comme échafauder tranquillement une trame de roman policier, et après, pendant des semaines, on s’en nourrissait.
 

 

11 Nov 2025

Deuil

Mon deuxième papa est mort hier. Le bon, pas le contrôlant-manipulateur-alcoolique violent à qui je n'avais plus parlé depuis 25 ans quand il est mort. Non. Le bon. Celui chez qui je me faisais garder (beaucoup) quand j'étais petite, celui qui aimait tant ses vaches, ses chevaux, ses chiens, ses chats.

Il ne me reconnaissait plus depuis plusieurs années. À la fin je crois bien qu'il ne reconnaissait que sa femme, et il avait des incapacités sévères. Alors c'est mieux comme ça, tout le monde le sait, tout le monde le pense. Mais. 

Ça me fait quand même une peine infinie. Ma journée est déglinguée, chaque pensée tend vers le bas, vers le négatifissime. 

Je passe souvent à côté des choses. Des relations, surtout. Je comprends en retard, je ressens parfois confusément, je ne vois pas les bras ouverts, les mains tendues. N'empêche que si vous me demandez à quel point j'aimais cet homme, je peux répondre: assez pour donner, il y a presque dix ans, son prénom à mon bébé garçon.

10 Nov 2025

Se prendre les pieds dans le format

Je m'améliore, mais.

Je fais des progrès, mais.

J'avance et j'écris pareil, mais.

En ce moment, j'ai trois recueils de poèmes qui sont prêts ou presque. Et un quart de roman que je réécris du début, maintenant que j'ai compris ce qui clochait et où je m'en vais avec ça. Déjà ça, c'est énorme pour moi... parce que j'ai tendance à me retrouver prise à mes propres pièges. Ceux qui entourent l'acte d'écriture, sans le composer. 

À la main, déjà, c'était comme ça. Il me fallait le bon cahier, le bon crayon, le papier parfait, la bonne couleur. J'en fais une obsession qui vire vite à la procrastination, dans le réel. Et qui reste figée là.

Passer au clavier, pensez-vous vraiment que ça allait améliorer mes lubies? Ben non. Quel logiciel? Quelle police? Je peux virer tous les détails en supplice. J'ai réussi à me faire taire/à ne pas m'écouter assez longtemps pour opter pour l'infonuagique. C'est ce qui covnient à ma réalité de mère qui coince son écriture entre deux mandats professionnels, entre deux lectures, et entre la vaisselle et le souper. Qui profite donc de pouvoir retrouver la même version d'un document sur son ordi de travail en haut, sur son chromebook en bas, et sur sa tablette n'importe où. C'est déjà ça de gagné. Et ça fonctionne: j'avance. Même si j'ai derrière la tête une démangeaison: comment suivre toutes mes différentes versions à différentes étapes du processus?

Mais les poèmes... des petits bouts de rien, non publiés, que je dois réunir, qui peuvent être agencés de mille manières, dont je veux et dois suivre la trace individuelle... ça me fait capoter. Je fais souvent des recherches: comment les poètes gèrent-ils et elles (surtout elles) leur producation? Comment se souvenir que tel texte a déjà été publié dans un magazine, que tel autre va avec un troisième? Et les idées, les bouts de brouillon, je fais quoi avec, pour ne pas les perdre, les inutiliser sans le vouloir? Franchement... j'ai envie de tout mettre sur pause le temps... de créer une base de données relationnelle! (Pas Access, mais FileMaker Pro.)

Si je ne le fais pas (ni la pause ni pour le moment la base de données), c'est parce que je vois maintenant le piège. Et que ça serait plutôt imbécile de continuer à m'y empêtrer. Me vient l'image de Side Show Bob qui pile sur un rateau laissé au sol à l'envers. Puis sur un autre. Et un autre encore. Et encore. Et encore, jusqu'à ce que tout le monde arrête de rire, parce que c'est trop. Tout le monde, sauf moi, qui en redemande et qui n'en peut plus tellement en rajouter encore me fait rigoler. Ouais. N'empêche que ça m'aiderait dans mon désordre éditorial. En fait, là, je cherche le moyen d'éviter les désastres qui viennent avec le piège (trente ans de silence) tout en profitant de ses avantages.

Comment, j'en demande beaucoup? 

 

 

6 Nov 2025

Extrait de lecture: Nommer le vivant, de Mélilot de Repentigny

Laurent s’entraîne un peu pour son propre bien-être, mais surtout, dans le but de libérer les psychiatrisé-es du joug du personnel soignant. Laurent se muscle l’espoir. Après s’être encore une fois buté contre une porte verrouillée, il s’exclame: « Un jour, je vais arriver à faire sauter les gonds de la porte pour m’échapper. J’vais être votre capitaine! Un jour, j’vais me garrocher dans le corridor, vous allez tous me suivre, et je vous montrerai la vraie vie. Un jour, on arrivera à rejoindre le fleuve pour se baigner et pêcher en riant même si on saura qu’on se fera rattraper par les psychiatres et les infirmières. On y goûtera, a la liberté, même si ce sera juste pour un instant! »

5 Nov 2025

Extrait de lecture: Sirventès, poésies au gaz lacrymogène, d'Anne Archet

Car nous ne voulons même pas
Être maîtres de nos vies

Tout ce que nous voulons
C’est de vivre enfin pour de bon
En mettant fin à tout ce qui nous coupe
Du chaos
En devenant ce que nous sommes déjà
Des êtres de fureur et de beauté
Qu’aucun carcan ne pourrait contenir

3 Nov 2025

Extrait de lecture: Une vie bien dormie, de Timothée-William Lapointe

L’un des nombreux avantages d’être un raté
un rebut de potentialités c’est-à-dire
de vivre sur le premier barreau de l’échelle
c’est que quand je tombe
je tombe en centimètres.

29 Oct 2025

Chats et référendum

Les médias québécois parlent beaucoup du référendum d'il y a trente ans, ces jours-ci. J'ai passé ce soir-là à la radio anglophone, au centre-ville de Montréal. Un télévisuer montrait en rafale les épisodes d'Halloween des Simpsons. Je devais être en ondes toute la soirée, sporadiquement, avec quelqu'un d'autre, un jeune homme, je ne me souviens plus qui. Arrivée en studio, j'ai appris qu'il serait plutôt ailleurs, dans l'un des événements organisés par un des camps. Lui, il aurait des choses à dire, à décrire. J'ai donc passé la soirée plutôt seule dans mon coin, à me demander ce que je faisais là, entourée de professionnels de la radio qui se connaissaient bien. Et qui ont sorti une bonne bouteille quand la victoire du non a été confirmée. Ils m'ont peut-être offert un verre, mais je me souviens plutôt d'avoir été spectatrice de gens qui célébraient ma déception (j'avais dit bien haut que ce référendum était une mauvaise idée, que les gens n'en voulaient pas, que le moment n'était pas venu, mais j'avais quand même osé espérer). Un taxi m'a ramenée à la maison. Je me suis assise dans les marches et j'ai attendu que ma mère revienne du travail. Nous avons pleuré ensemble. Voilà mon histoire, version courte. La version longue serait plus compliquée.

***

Changement radical de sujet. Cette semaine, dans LaPresse, dans un texte sur l'anthropomorphisme, il y avait cette citation qui m'est restée en tête et que je trouve complètement surréaliste.

«Non, votre chat ne vous aime pas », dit Daniel Fillion. « C’est choquant à entendre pour les gens qui ont des animaux. Alors je préfère demander à chacun sa définition de l’amour. Souvent, on parle du bonheur que l’autre nous apporte. Et à ce niveau, oui, le chat vous “aime”. Mais il ne sera jamais altruiste dans cet “amour”, il ne fera pas passer votre bien-être avant le sien, par exemple.»

L'altruisme serait donc un élément essentiel de l'amour? Ah oui? Aussi bien dire qu'un bambin n'aime pas ses parents, puisqu'il ne fait pas passer leur bien-être avant le sien! On ne parle pas d'une relation entre conjoints qui serait égalitaire: on parle d'amour entre deux êtres différents, d'espèces différentes! Et l'expert qui demande à chacun sa définition de l'amour semble poser sa propre définition comme étant la Vérité.,, Ça me choque (comme un mononcle, oui, je sais!) de lire de telles sornettes. Surtout qu'elles entrent plus facilement dans ma tête qu'elles en ressortent. Et je finis par y repenser, agacée, la nuit, quand j'ai Zia sur mon oreiller, Patchouli sur la poitrine, Origan sur les hanches, Muchacha et Roquette allongées à côté. Et que ça ronronne dans mon lit.

15 Oct 2025

Oser

Dans les dernières semaines, j'ai fait deux choses que je n'avais jamais faites avant.

J'ai été... jouer aux quilles. Oui oui oui, moi! Je n'avais jamais fait ça avant, sauf sur la Wii jadis. Eh bien, je ne suis pas si mauvaise... et j'ai aimé ça!

L'autre truc est moins rigolo et peut-être plus étonnant. J'ai envoyé un manuscrit de poésie à une maison d'édition. J'ai déjà écrit des livres qui ont été publiés, mais je n'avais jamais envoyé un manuscrit sans savoir d'avance ce qui lui arriverait. La peur m'a pognée une seconde après l'envoi, mais je ne l'ai pas annulé. Advienne. Que. Pourra. Et j'en ai d'autres à envoyer, presque prêts. Et soudainement, les zamis... j'écris. Ça me (re)prend et je me lâche lousse. On. Verra. Mais j'ai espoir, un espoir personnel qui dépasse la décision d'une maison d'édition (ou de plus d'une). À suivre.

10 Oct 2025

Zia

J'attends présentement les résultats d'une culture de bactéries urinaires pour ma fille (c'est le mot qui me vient spontanément), ma chattonne, ma Little Lady Miss Zia Lola Luna Bandita qui a déjà 17 ans. C'est une nouvelle fantastique... parce que les antibiotiques de base n'ayant pas réglé le problème (son premier problème de santé à vie!), on me parlait plutôt de cancer avant le résultat de l'analyse au laboratoire. Pour le moment, en attendant, elle n'a que des anti-douleur. Elle est faite forte, ma puce.

Elle est comme d'habitude, elle joue, elle ronronne, elle... dort sur mon oreiller toute la nuit (même qu'elle commence à inciter Muchacha, son amoureuse, à faire la même chose; je dors la tête sur un coin de mon propre oreiller, mais on dort bien avec un fond sonore de ronrons). Je crains encore de la perdre et j'ai vraiment hâte de recevoir l'appel, d'enfourcher mon vélo et d'aller chercher le bon traitement. 

Je ne parle plus souvent de mes chats, sauf aux amis proches, qui comprennent. Pourtant, la place qu'ils occupent dans nos vies est immense. Immense. Zia, par exemple? J'ai Zia dans ma vie depuis bien avant ma première grossesse. Mes deux bébés ont fait leurs siestes avec Zia à leurs côtés (je dis qu'elle les a élevés avec moi, et mon plus jeune dit que c'est grâce à elle et à ses soins qu'il est à moitié chat lui-même). Zia qui a survécu à Esteban et à Tao. Zia qui n'a jamais rechigné quand j'ai fait entrer un nouveau chat, ou même un chien, dans notre famille. Zia ma toute douce. Zia, ma grande amie.

6 Oct 2025

L'autrice...

Je n'ai jamais vraiment arrêté d'écrire. Et pourtant. J'y repense et elle est insensée, la montagne de briques sous laquelle je me suis enseveli le génie (génie, façon de parler) depuis... plus de vingt-cinq ans (bravo, fille). Mea culpa, mais la faute me dépasse aussi, oh que oui. Appelons ça une mésadaptation, un manque d'accompagnement, peu importe. L'affaire, c'est... que je repense à mon affaire. Que la vie c'est court, surtout quand on se dit qu'on a été chanceuse jusqu'ici, mais qu'on apprend des erreurs d'autrui et qu'on sent que le liquide dans la marmite se réchauffe.

Tout ça pour dire que je me pose des questions sur les titres que je pourrais mettre après mon nom pour me décrire, disons que, mettons que... avouons-le: pas si, mais quand j'enverrai des manuscrits (des tapuscrits, oui!) à des maisons d'édition. Traductrice, ben sûr, puisque j'en vis. On peut bien ajouter relectrice aussi, mais c'est presque sous-entendu. Autrice puisque ça accompagnera de nombreux mots que j'aurai choisis. Et c'est là mon interrogation ce matin: blogueuse, aussi? (Pourtant... oui!)

Je crois que ce qui m'accroche au format du blogue quand je le délaisse momentanément ou plus longtemps, même si je parle maintenant toute seule (l'époque m'a dépassée, c'est correct), c'est que c'est grâce à mes Campagnonades que j'ai rencontré mes deux plus grandes amies, féminin pluriel. Elles m'ont lue, et, séparément, elles sont entrées en contact. Et y a là (je n'en démordrai pas) une forme de magie à laquelle je tiens. Alors oui, peut-être que j'ajouterai blogueuse à ma liste. (Quant à photographe, je n'y pense plus autant, mais ça me manque et je devrai explorer ce manque-là un moment donné...)

3 Oct 2025

Dehors octobre

Mon cadet a eu quatorze ans (ce qui m'en donne mille). On y a consacré la journée entière. Pas de regrets là!

Mon benjamin s'est encore baigné dans la rivière hier. J'avoue qu'au soleil sur la plage, il faisait assez chaud pour que je sois tentée, mais l'ombre arrive plus tôt que durant l'été, et si une fois mouillée je suis ravie, le problème c'est qu'il faut bien en ressortir et se sécher en gelant.

La ville ici continue de m'éblouir. Les friperies vraiement pas chères débordent de dons. Littéralement: il y en a trois sur la rue principale qui ont demandé aux gens de cesser les dons pour le moments, le temps de gérer le surplus d'inventaire! Et quand les réseaux sociaux ici parlent d'itinérance, c'est pour offrir un repas aux gens dans la misère, pour s'unir et leur trouver des nécessités de base, pour partager les ressources qui existent (là où j'ai vécu en Alberta, c'était pour exprimer du racisme à peine voilé, et une couche épaisse de mépris maquillé dans des phrases qui parlent de ces gens-là...)

Je gère une semi-urgence vétérinaire qui risque d'être un adieu bientôt, après dix-sept ans. Pas facile. Pour me gérer, j'ai semé vingt-et-un godets de graines de plantes pour l'intérieur, pour l'été prochain et pour la postérité (on verra pour ça). C'est Zia qui m'inquiète, ma puce qui partage mon oreiller toute la nuit (entre vieilles, on se comprend dans nos réveils fréquents, et on se réconforte en se collant).

Si j'écris ici, c'est comme ne pas écrire. Si j'écris ici, c'est comme crier dans le fond de mon placard (mais plus facile, parce que le placard est présentement difficile d'accès, et plus sympathique, vu qu'au moins un des chats y a fait un nid douillet où passer ses journées). Si j'écris ici, c'est un peu par nostalgie d'un hier qui a existé, je le jure, mais pas longtemps (c'est fou, vous le croirez jamais, mais dans le temps, les gens cliquaient sur des liens pour prendre des nouvelles au lieu de faire défiler vers le bas dans un vacarme visuel qui n'a rien de personnel). Il a dû coïncider avec le summum de ma naïveté, voilà tout, et moi j'y ai cru. Si j'écris ici c'est que je ne sais plus trop quoi faire d'autre. Ici, ailleurs. C'est pareil, au fond: c'est un murmure dans un orage, un sourire ou une grimace à peine esquissés en toute solitude dans un recoin sombre. À côté de ça, l'arbre qui tombe dans sa forêt déserte, il repassera. 

 

15 Sep 2025

Je suis prête

Toute ma quarantaine, des ami·e·s plus vieux m'ont dit que la cinquantaine était une décennie plus agréable, plus sereine. Je ne les ai pas vraiment cru·e·s, mais j'ai gardé espoir. Maintenant, j'attends les preuves. De pied ferme. Ça presse. Go!

18 Aug 2025

Dans le palmarès du bonheur, il y a...

J'ai un plan pour demain, quelque part entre 9h et 15h. C'est de me rendre, à pied, à dix minutes d'ici... pour me retrouver dans une librairie de livres d'occasion.

Comment? Ça n'étonne personne? Oui, bon, j'avoue qu'une Helene dans une librairie, c'est plutôt une question... d'habitat naturel. Mais savez vous depuis quand je n'ai pas vécu à distance de marche d'un endroit qui vend des livres? Mille ans, au moins! Pendant les deux années en Alberta, pour trouver une (petite mais charmante) librairie indépendante, je devais faire 35 minutes de route. Dans notre ville albertaine, rien (sûrement des livres au Walmart, mais je n'y vais pas). Ma proximité avec une librairie (de livres usagés ou neufs!) remonte au moins à mes années à Montréal, donc avant 2009. C'est une grand bonheur, un privilège, une chance, de remédier à cette carence épouvantable.

13 Aug 2025

Deux affaires sur le gaz

Premièrement, merci au service des incendies de Ville Saint-Laurent (circa 1982) pour la visite guidée et le petit dépliant sur le gaz naturel où on pouvait gratter pour sentir l'odeur ajoutée au gaz: je n'ai jamais, jamais, jamais oublié ça ensuite (et comme j'ai habité dans Pointe Saint-Charles, ça s'est révélé utile!).

Deuxièmement, si vous êtes une des très nombreuses personnes à qui j'ai dit que la cuisson au gaz et les cuisinières au gaz non seulement me faisaient peur, mais aussi ne me convainquaient pas... je m'excuse. Mea culpa. Vraiment. Depuis juin, je suis une convertie repentante! (Et en cas d epanne d'électricité, ha, je pourrai quand même me faire un café et cuisiner!)

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